lejaby.jpgSarkozy, sauveur de Lejaby, comme il a sauvé Gandrange ? Les 93 salariés de l'usine d’Yssingeaux (Haute-Loire), dont l’activité a été délocalisée en Tunisie, attendent des "actes concrets", après les engagements du chef de l’État, dimanche soir, qui a assuré qu'il ne les laisserait "pas tomber".

"Je ne laisserai pas tomber les gens de Lejaby", a déclaré dimanche Nicolas Sarkozy lors de son intervention télévisée. "J'espère que dans quelques jours on aura trouvé la solution" pour l'usine, a ajouté le président. Au mois de février 2008, il avait déclaré aux salariés d'Arcelor-Mittal que "l’État préfère investir pour moderniser le site plutôt que de payer de l’argent pour accompagner des gens soit en préretraite, soit au chômage . Nous sommes prêts à mettre de l’argent pour faire des investissements qui auraient dû être faits depuis longtemps !". Deux mois plus tard, il avait promis de venir sur place au mois de juin «pour graver dans le marbre les engagements de l’Etat». A Gandrange, on l’attend toujours. Si une stèle a été élevée par les salariés en "hommage" aux promesses non tenues par Nicolas Sarkozy, l’aciérie a bel et bien fermé ses portes entraînant la disparition de la moitié des 1 100 emplois.

"Maintenant nous attendons des actes concrets et pas seulement des promesses. Nous avons encore en mémoire les engagements de Gandrange en Moselle où les emplois devaient être maintenus et aujourd'hui ils ont disparus", a écrit lundi le personnel dans une lettre adressée au président, également envoyée aux médias. "Nous nous réjouissons que vous ayez enfin pris conscience des dégâts des licenciements et des délocalisations", ajoutent les salariés, qui depuis une dizaine de jours occupent leur atelier et se disent prêts à continuer leur mobilisation jusqu'à l'élection présidentielle "si nécessaire". "Notre lutte est le symbole de toutes les luttes contre les licenciements et la désindustrialisation", estiment-ils. "Nous attendons un projet de reprise de l'activité et le recul des licenciements prévus le 7 février jusqu'à la mise en place de ce projet" ajoutent ces 90 femmes et trois hommes.

Devenue le symbole de la désindustrialisation dans la campagne électorale, l’usine Lejaby attirent les émissaires des candidats à la présidentielle pour se poser en sauveur. "L’attention médiatique est telle qu’ils n’oseront pas fermer le site tout de suite", estime Raymond Vacheron, représentant de la CGT textile en Haute-Loire sur l’Humanité.fr, qui lutte aux côtés des ouvrières pour le maintien des emplois. « Il y a beaucoup d’agitation, mais on veut du concret, pas des promesses », a insisté Raymond Vacheron.