sam 20 nov 10,
Petite fable de ma fontaine...
Tiens, pour commencer le week-end, une petite histoire en forme de fable. Ce qui est bien, c’est qu’elle s’adresse à tout le monde, quelque soit son statut social. Chacun l’a vécu ou chacun la vivra. Un jour ou l’autre.
C’est l’histoire d’un petit oiseau. Un petit oiseau qui est bien au chaud dans son nid.
Alors que ses parents se sont absentés momentanément, il bouge, bouge encore, bouge trop et tombe du nid.
Peur et stupeur l’envahissent.
Le temps passe, il a froid. Il crie : « j’ai froid, j’ai froid, aidez moi, j’ai froid, j’ai froid ». Un paysan qui rentre des champs l’entend. Il le regarde, le méprise et en même temps, voit dans le champ voisin une bouse encore fumante. Il prend l’oiseau et le jette dedans. L’oiseau le remercie, il a chaud, il est réconforté.
Mais très vite, il se rafraichit. « Ouh, là, là, il fait froid et en plus, ça pue, ici ! » se dit-il. Alors, il appelle, il appelle très fort : « Ohé ! y’a quelqu’un ? J’ai froid, ça pue… ohé ! Y’a quelqu’un ? Ca pue, j’ai froid !».
A la tombée de la nuit, alerté par les cris, un renard sort du bois. Il se dirige vers l’oiseau.
« Eh, le renard, aide moi, s’il te plait, j’ai froid et ça pue, ici… »
Le renard s’approche doucement, prend l’oiseau, le sort de sa bouse, et… croc ! Il n’en fait qu’une bouchée.
La moralité de cette histoire tient en 3 points assez simples :
1- Les gens qui vous mettent dans la merde ne vous veulent pas nécessairement du mal ;
2- Les gens qui vous sortent de la merde ne vous veulent pas que du bien ;
3- On gagne toujours, lorsqu’on a des soucis, à fermer sa gueule.
L'avis de quelques collègues ne me laissera pas indifférent. Celui de tous les autres non plus.
(Photo : © Philippe Méoule 2008)




Commentaires
Un de mes films cultes : "mon nom est personne", quand Personne (Terence Hill) raconte cette fable à l'homme qui va entrer dans les livres d'histoire, et à ce petit vieux...
J'adore la musique pendant cette blague. Merci pour le souvenir...
Bon weekend
ah, ça me plaît bien les fables de ta fontaine ;)) alors qui est responsable ? l'oiseau lui-même (qui ferait mieux de fermer sa gueule et de lutter), ses parents (qui ne viennent pas à son secours), la nature-société (qui ne fait pas de sentiments) ? sans doute la vie qui ne fait rien d'autre qu'à nous instruire à chaque jour qui passe. Merci, ou, gracias a la vida !
L'une des grandes leçons de cette fable pourrait être : "Faites attention à ne pas quitter votre nid, sinon vous risquez de vous retrouver très vite dans la merde !"
En ce sens, la dimension sociale apparaît dans son affreuse réalité !
L'oiseau qui tombe du nid, n'est-ce pas la symbolique même de la "déchéance sociale" ?
Et, d'abord, pourquoi l'oiseau tombe-t-il du nid ?
Parce que, au cas d'espèce, il bouge trop, il se révolte déjà contre un "statut d'oiseau protégé dans son nid", donc contre un statut social.
Cette fable ne pose-t-elle pas, au fond, la question de la "transversalité" des statuts sociaux ?
Un autre axe de réflexion pourrait consister à se demander si le paysan peut réellement comprendre, "se mettre à la place de l'oiseau" quand il l'envoie dans la bouse de vache.
Pour prendre une analogie empruntée à l'actualité récente, c'est la même chose avec ces "gamins révoltés du 9/3" que l'on envoie en "rééducation" dans un collège de province : ce sont des mondes différents, rien n'a été préparé et c'est...la merde.
Tout le monde se bouffe...
"L'homme est un loup pour l'homme", disait Hobbes, et Pierre Dac ajoutait : "et réciproquement".
Mais je m'égare, je vais faire une petite sieste bien méritée en prenant bien garde à ne pas tomber de mon lit.
Désormais, je sais ce qui m'attend !
@ falconhill : de rien !
@ Luciamel et Patrick : ne sommes-nous pas tantôt oiseau, tantôt parents, parfois "paysan" et parfois renard, toutes proportions gardées, évidemment !?
@Philippe
C'est vrai qu'on est souvent dans la merdre avec un r comme disait Boris Vian, je crois.
Bon week end à tout le monde !
Et si c'était tout simplement un concours de circonstances ? J'ai toujours eu du mal à croire au destin.
Ce qui me frappe dans cette histoire, c'est que l'oiseau compte surtout sur les autres pour s'en sortir. S'il en avait été autrement : 1) il ne se serait pas rerouvé dans la merde. 2) il ne se serait pas fait bouffer en croyant s'en sortir. Saperlipopette, c'est affreusement libéral, ce que je viens de dire !
Les deux premiers points de moralité sont exacts, c'est possible que les gens qui nous mettent dans la merde ne le font pas de façon mal-intentionnée, Et pour la deuxième, le risque de "se faire croquer par son sauveteur" ou que les gens qui nous sortent de la merde ne nous veulent pas que du bien, c'est aussi possible, et la troisième, je ne généraliserais pas et je retirerais le mot "toujours", car voilà, il suffit de savoir à qui il faut s'adresser, à qui on peut faire confiance et à quel moment il faut le dire.
Il faut faire le tri entre les vrais amis et les faux amis, "ouvrir sa gueule" au bon moment, et on ne gagne pas toujours à se taire, on peut aussi perdre, quand on n'ose rien dire.
Combien de fois j'ai entendu l'autre reproche "mais il fallait le dire, je t'aurais aidé", ou "voilà une personne qui n'ose rien dire" ou "ne se plaint jamais, alors on ne peut pas savoir qu'il faut aider"
Avec F Martin j'ai au moins appris la liberté d'expression à Louviers, qu'on soit d'accord ou pas. Et c'est vrai que les stages d'insertion aident les gens, mais les mettent aussi un peu plus dans la "merde", parce que le regard de la société se pose sur ces gens de façon négative, en les considérant comme nuls ou incapables ou exclus ou "parasites". Donc on veut aider et on peut se retrouver davantage dans la "merde" qu'avant.
Au bout d'un an sans emploi on me disait "c'est trop, on ne vous prend pas en intérim, vous ne valez plus rien", au bout de la deuxième année, cela fait 2 années etc et au bout de 10 c'est encore pire, ces gens sont "nuls", pense-t-on.
Juste bon à faire du bénévolat.
Mais j'en ai sûrment gagnée en expérience humaine durant toutes ces années, même si la société pose un regard négatif sur des gens qui n'ont pas fait de carrière professionnelle, parce que tout simplement les portes se fermaient sans arrêt.
Je pense que les organisateurs des stages d'insertion ne nous voulaient pas de mal, mais qu'ils ont indirectement réussi à nous créer une image négative sans le vouloir, car voilà la société "normale" ne voit pas les choses de la même façon.
Et le pire, c'est que parfois suite à ce regard négatif, on finit par perdre de nouveau confiance en soi et en ses propres compétences ou par avoir envie de rejeter ceux qui nous méprisent.
Je connaissais aussi des gens qui me faisaient du mal et qui ensuite venaient m'aider, refaire confiance à quelqu'un après une trahison, n'est pas chose aussi facile.
@ Patrick : sur un "r" de jazz, alors !
@ Denis et SeeMee : pour orienter son destin ou pour ne compter que sur soi, il faut avoir le recul nécessaire, l'énergie de l'action, le pouvoir d'agir. Ce qui n'est pas donné à tout le monde, notamment en ces périodes où beaucoup sont méprisés par le pouvoir, par l'employeur, par la vie. Oui, c'est une approche libérale que de voir les choses ainsi...
@ Sylvia : "Avec F Martin j'ai au moins appris la liberté d'expression à Louviers..."
Allez donc dire çà à ses oppositions !!!
Attention, si la fable m'a amenée à une conclusion libérale, c'est peut-être à cause de la logique fable, et non pas parce que c'est ce que je pense. ;-)
...
Et pourquoi je ne reçois pas les commentaires suivants, on est obligé de passer par le RSS ?
eh pourtant c'est vrai, je lui ai déjà dit des choses opposées et peut-être aussi désagréables à entendre, mais tant que cela reste dans le respect de la personne, ça passe. On s'est parfois "rencontrés dans l'adversité", des opinions opposées. Et en ce moment je ne suis pas forcément d'accord avec son idée de mettre le centre-ville en zone bleue pour augmenter le nombre de véhicules dans Louviers, alors que le Grenelle vise à en diminuer le nombre.
@ See Mee : je me doutais un peu que tu n'étais pas franchement "libérale" ! S'agissant de la technique RSS et autres, je suis incapable de te répondre ! Désolé !
@ Sylvia : Martin, c'est pas mon truc !!
La politique de F Martin n'est pas "mon truc" tout le temps non plus, mais je vois des qualités et des défauts et il faut rester juste entre ce qu'il a fait de bien pour la commune et entre ce qui ne va pas. Personne n'est obligé de l'aimer pour autant. Ce n'est pas mon truc de mettre quelqu'un sur un piédestal pour en faire un Saint, et je n'ai pas envie d'être sur un piédestal non plus de mon côté, car on finit toujours par tomber de haut un jour ou l'autre. Je préfère garder les pieds sur terre.
N'empêche que c'est bien à Louviers que j'ai appris la démocratie participative qui n'existe pas ailleurs, il me semble. A moins qu'à Gisors il y ait des commissions de quartier ?
@ Sylvia : 1- "en faire un Saint" ... Thomas !!??
2- A Gisors, nous avons une réunion de quartier par an, soit 6 en tout. Il n'y a pas de "commissions de quartiers", mais les habitants sont appelés à se prononcer sur de nombreux projets. En ce moment, c'est le PLU, par exemple.
L'abonnement - facile - aux commentaires, c'est essentiel pour "développer une communauté" (enfin je veux dire, pour que les lecteurs reviennent). De même que les pings, qui permettent de signaler à un blogueur qu'on l'a cité et fait un lien dans les commentaires chez l'autre.
Il doit bien avoir un plugin qui fait cela sur Dotclear ? Faut chercher !
@ See Mee : bah, sûrement ! je vais regarder ça de plus près. Merci en tout cas !
Le sacrifice humain, il n'y a que ça de vrai, laissons les oiseaux en paix :)))
@ ferocias : cui-cui !!!