elysee_12.jpgJe ne suis pas allé voter dimanche 9 octobre, considérant que ce premier tour des primaires concernait les adhérents du PS. Bien sûr, vous me direz qu’il y avait le cousin du Tarn-et-Garonne, J.M. Baylet, et que cela pouvait être un signe d’ouverture… Mouais, admettons ! Et puis quoi, 0,6% maxi… !? Bon, j’ai déjà dit et écrit ce que je pense de ce monsieur.

Finalement, je me suis décidé à aller voter au deuxième tour. Pourquoi ? Voici mon raisonnement.

Si l’objectif n° 1 est d’en finir avec la politique de Sarkozy en 2012 (et pour moi C’EST l’objectif), je me suis demandé qui serait le mieux à même de réaliser un tel exploit (je dis bien exploit !), face à un homme qui a confisqué la plupart des clés de nos rouages institutionnels, un homme pour qui l’exercice du pouvoir est obsessionnel et sans partage, un homme rompu à toutes les fourberies (in)imaginables pour le conserver, connaissant par coeur les coulisses de la politique et ses manigances , un homme enfin, qui n’hésitera pas une seconde à médire, mentir et distiller de contre informations pour arriver à ses fins ?

En conscience, la seule personne (capable de cet exploit, donc !), dans le panel proposé à gauche (du PS au NPA, en passant par le Front de Gauche), qui m’est apparue est François Hollande.

Ma liberté de paroles et d’actes d’homme de gauche non encarté me permet cette liberté, ce qui par ailleurs, n’empêche pas que l’élu municipal que je suis, appartenant à une majorité, en défende le bilan et en soit activement solidaire, conscient des nombreuses améliorations à apporter.

Ainsi, si je partage nombre d’idées proposées par les élus progressistes, je ne voterai pas Mélenchon (d’autant que j’y préférais André Chassaigne !), car je redoute un premier tour « façon 2002 ». En outre, sa gouaille populiste, son mépris constant envers ses contradicteurs, ses insultes répétées envers les journalistes, sa suffisance stérile, annulent le fond des propositions et agissent en repoussoir. Je voterai donc utile, je voterai Hollande dès le premier tour.

Car pour gagner une élection, singulièrement une présidentielle, il faut d’abord rassembler son camp et grignoter le plus possible dans le camp d’en face : ce sont les 2, 3 ou 4% nécessaires à la victoire qu’il faut aller chercher. Et pour cela il faut rassurer.

Martine Aubry est marquée (et s’est marquée durant cette campagne), à gauche-gauche. Elle est la dame des 35 heures (dont force est de constater que les résultats espérés, en son temps, ne sont pas (hélas), arrivés ; elle a, en outre, une image idéologiquement sectaire (à tort ou à raison) ; mais plus grave, elle est celle qui a récemment « couvert » Guérini d’une part, et celle qui d’autre part est apparue de connivence avec DSK au plus mauvais moment. Elle n’était plus, dès lors, la candidate du rassemblement. C’est peut-être regrettable, mais c’est ainsi.

Pour autant, je suis conscient que François Hollande et son gouvernement, non seulement ne sortiront pas de leur chapeau des recettes miracles qui « changeront la vie », mais je suis même convaincu qu’ils accompagneront la crise plus qu’ils ne la combattront…

Alors, me direz-vous, quel est l’intérêt ?

Accompagner la crise n’est évidemment pas suffisant, mais on peut attendre de Hollande de ne pas l’aggraver. Ce qui serait quand même le moins. Pour ce faire, on attend de lui qu’il revienne sur plusieurs réformes, telles que la fiscalité, l’hôpital, la carte scolaire, la justice, l’éducation nationale, les collectivités locales, etc. On peut imaginer aussi qu’il interdise aux banques de jouer avec l’argent des épargnants, on espère qu’il saura trouver le « bon deal » avec les entreprises et le monde économique pour que la mondialisation ne finisse pas de tuer le peu d’industries qui nous reste, et que dans cet esprit, il sache trouver les mots justes et les actes forts pour que l’Europe sociale prenne enfin sa vraie dimension, boostée par l’Europe économique. Sur tous ces sujets et bien d’autres, à nous d’être vigilants et d’obtenir des engagements d’ici l’élection. De même que l’aile gauche de son camp ainsi que ses partenaires naturels qui se rallieront (on le souhaite !), au soir du premier tour, devront d’ici là, servir d’aiguillons.

Sarkozy le craint pour tout cela et c’est la raison pour laquelle il a tout fait (ainsi que ses sbires), durant cette primaire, pour tenter de le discréditer : ce qui est à mes yeux une raison supplémentaire pour soutenir Hollande.

Sarkozy craint sa capacité à rassembler et de ce point de vue, il est clairvoyant.

Pour toutes ces raisons, je ne serai pas de ceux qui à gauche, feront perdre la gauche les 22 avril et 6 mai 2012.