sarkozynapoleon.jpgMardi 15 novembre, à Gisors, Jean Lepert, conseiller municipal UMP d'opposition, a dévoilé son vrai visage d'homme de droite la plus caricaturale : celle de "la droite populaire", à l'occasion de la conférence qu'il organisait sur le thème de la sécurité.

Rendant publics les résultats de son sondage sur ce sujet, il avait convié la droite gisorsienne et des villages alentours : 150 personnes étaient présentes dans cette salle qui pour un soir n'était pas à la fête.

Passons rapidement sur la méthodologie dudit sondage qui n'avait, pour le moins, rien de scientifique, et dont la finalité n'avait d'autres buts que d'effrayer le bon peuple, de réveiller ses instincts sécuritaires et de ramener vers l'UMP un électorat attiré désormais par Marine Le Pen, tant la différence est grande entre les discours de Sarkozy et ses actions sur le terrain, notamment en matière de sécurité.

Apprécions la pertinence des questions.

Sortez-vous à pied après 20 heures ? Ou : Soutaihez-vous un arrêté municipal concernant les tags, l'affichage, les détritus, les déjections canines ? Ou encore : Que pensez-vous de la sécurité des biens et des personnes ?

Ce sont ainsi 10 questions qui furent proposées à 652 personnes, sur le canton qui compte environ 20 000 habitants... Rappelons que Gisors, ville centre de plus de 12 000 âmes, compte une gare SNCF avec une ligne plaçant la gare St-Lazare à 1 heure, 2 lycées, 3 collèges, un hôpital, des gymnases, une brigade de gendarmerie, un cinéma, une école de musique, une bibliothèque, un office de tourisme labellisé, bref, autant d'équipements qui font de cette jolie ville historique, un centre dynamique, attractif et vivant, qui n'a rien d'une ville dortoir.

Mais M. Lepert, comme ses amis de droite, préfèrent la vie et la ville lorsqu'elles sont inodores, incolores et sans saveur. Pour eux, un jeune qui bouge est un délinquant en puissance; un maghrébin est forcément un clandestin, un promeneur est sûrement un chômeur, un passant inconnu est un cambrioleur potentiel et un rassemblement de plus de trois personnes est un début de révolution...! Alors le mot d'ordre est : SECURISER, SANCTIONNER, ENFERMER.

Mais revenons à cette réunion.

Pour attirer le client, M. Lepert avait invité ses meilleurs amis, ses mentors, ceux avec lesquels il est en phase idéologique, ceux qui sont à la droite de l'UMP, les mercenaires de l'extrême. 2 députés de la droite populaire figuraient donc à l'affiche : Franck Gilard, le régional de l'étape et Eric Ciotti, "M. sécurité de l'UMP", en "guest star" !

De sécurité, ils parlèrent, bien sûr, mais préalablement j'assistai à mon premier meeting UMP, durant une petite heure... ce qui est long. Tout devait y passer : l'incurie de la gauche depuis 1981; les mensonges les plus crasses (Martine Aubry s'est prononcée pour la dépénalisation du cannabis !); les jeux de mots foireux sur les candidats aux primaires; des chiffres jetés en pâture à un public qui attendait plus un numéro de cirque qu'un débat politique : il fut donc gâté !

Après cette longue et nauséabonde introduction, M. Ciotti déballa à peu près tout ce qui peut exister dans les cales de l'UMP en matière de sécurité et de répression. Les jeunes, les immigrés, les fonctionnaires de l'éducation nationale, ont dû entendre leurs oreilles siffler ! La salle, quant à elle, d'un âge moyen de 65 ans, frissonnait de bonheur... et était rassurée !

Vous avez dit débat ?

Puis vint l'heure du débat. Je ne voulais pas partir sans avoir interpelé cette sympathique assistance !

Donc, après 2 questions identiques sur le thème : "M. Ciotti, on a confiance en la police, mais pourquoi les juges relâchent-ils toujours les délinquants"? (Sous-entendu : les juges sont des affreux gauchistes...). Regards gênés entre les 2 députés, qui tentent chacun à leur tour une réponse improbable et alambiquée...

Bon, le micro arrive enfin vers moi. Je préviens que je suis là à titre personnel et non comme représentant de la municipalité. Je fais tout d'abord remarquer que le sondage ne repose sur rien de précis et ne correspond pas aux chiffres officiels de la Préfecture, que j'égrène. Je souligne ensuite le désengagement galopant de l'Etat depuis 2007 à travers la RGPP, et ses conséquences : moins de policiers, moins de gendarmes, moins de moyens attribués aux collectivités pour suppléer aux manquements de l'Etat et à ses fonctions régaliennes... En citant mes sources, notamment le rapport de la Cour des Comptes de juillet 2011, je savais que j'allai énerver, puisque cette institution est présidée par M. Didier Migaud, socialiste !

Lepert, Gilard, Ciotti et Rassaërt (ah oui, je l'avais oublié, celui-là ! C'est un joyeux trentenaire qui tient le crayon et le clavier pour Lepert... son dauphin, en quelque sorte !), me tombèrent dessus à bras raccourcis, d'autant plus que je n'avais plus le micro et que leurs invectives restèrent donc sans possibilités de réponses de ma part... La salle exultait !

Mais de solutions pour Gisors et son canton, point !

Ce grand moment de solitude (tu parles !)fut atténué par 4 ou 5 personnes qui applaudirent mon intervention, dont Olivier Petitjeans, que je remercie.