arlequin.jpgL'Europe, les riches, la France, les socialistes, le FN, les élites, les ouvriers, la CGT, la main tendue, les lacrymos, le président, Villepin, le candidat, l'Elysée, le QG, Depardieu, LVMH, aidez-moi, tiens, j'allais oublier Bayrou, bref, il joue à qui perd-perd en essayant tout et n'importe quoi, oubliant que dans cette bataille, son pouvoir lui échappe, le pavé (à défaut de le prendre dans la gueule !), se dérobe sous lui... Une sorte de dramaturgie, de fin shakespearienne, le talent en moins ! Le président en lambeaux, le candidat en arlequin est perdu.

A Hollande d'être bon, maintenant, car il ne peut plus perdre, il ne doit pas perdre. Face à un Sarkozy genoux à terre, une défaite serait de la seule responsabilité du candidat PS... Au boulot, aux fourneaux, haut les choeurs !!!

(Source : lemonde.fr) C’est la "première élection présidentielle du XXIe siècle." Foi de Nicolas Sarkozy, qui bat les estrades en répétant : "Gauche, droite, centre, extrême droite, tout cela est dépassé ! Le seul débat qui vaille est de construire une France capable de résister à la pression du monde nouveau."

On voudrait prendre au mot le président-candidat, découvrir ce qu’est ce rendez-vous nouveau mais c’est raté. La campagne de 2012 a un air de déjà-vu. C’est un condensé de presque toutes celles qui ont déjà été menées avec grosses ficelles et vieux réflexes. Démonstration.

D’abord, comme en 1981, déclencher l’émoi des riches que l’on promet de saigner et qui se demandent s’ils ne vont pas prendre la route de l’exil comme ils l’avaient fait, sitôt François Mitterrand élu, pour mettre à l’abri leurs lingots d’or.

Mais, cette fois-ci, ils ne peuvent même plus compter sur la mansuétude de la droite. François Hollande menace de les taxer à 75 % au-delà de 1 million d’euros ? Nicolas Sarkozy promet de les rattraper s’ils fuient par le biais d’une nouvelle taxe sur le capital. Bien joué – et ils ne se sont même pas concertés !

Simplement "le président des riches" a beaucoup à se faire pardonner. Et cela ne lui déplaît pas de faire monter Mélenchon.

Ensuite, comme en 1988, exploiter jusqu’à la corde la thématique du rejet. C’est ainsi que François Mitterrand avait vaincu Jacques Chirac, au terme de deux années d’une cohabitation tendue. François Hollande attaque de la même façon Nicolas Sarkozy, dont le quinquennat a enregistré des records d’impopularité.

Sans cesse, le candidat socialiste renvoie l’adversaire à son bilan, donnant à sa campagne un caractère essentiellement défensif. Il joue l’apaisement après des années de turbulence. Cela ressemble au "ni-ni" mitterrandien.

Mais, comme en 1995, tenter de renverser la table, en jouant le peuple contre les élites, la province contre Paris, Paris contre Bruxelles. C’est le pari de Nicolas Sarkozy, qui veut rééditer le coup de Jacques Chirac lorsque le sage Edouard Balladur s’était mis en tête de le détrôner.

Et tant pis si l’Europe, que le président sortant prétend avoir sauvé, en prend de nouveau pour son grade. C’est une guerre de mouvement à caractère populiste où tous les coups sont permis.

Et, pour finir, comme en 2002 , le poids du Front national qui, quelque soit le résultat de Marine Le Pen, aura réussi à donner le ton de la campagne ; produire et consommer français, se méfier de l’étranger, douter de l’Europe, pousser jusqu’à la porte des abattoirs pour débusquer l’islam.

Il manque à ce tableau deux dates : 1974 et 2007. Normal. C’était, pour le coup, deux vrais rendez-vous de rupture, avec promesse de lendemains différents et qui chantent. Les Français semblent vaccinés. On ne leur fera pas le coup trois fois.