chirac.jpegL'état de la santé mentale de Jacques Chirac est comme une girouette qui donne le tournis. Décrit comme quasiment sénile la semaine dernière pour échapper à sa comparution dans le procès des emplois fictifs de la mairie de Paris, l'ex-président de la République semble avoir retrouvé certaines de ses facultés pour rejeter en bloc toutes les accusations de corruption liée à la Françafrique, lancées par l'avocat Robert Bourgi dimanche et aujourd'hui.

Son conseil, maître Georges Kiejman (plusieurs fois ministre sous Mitterrand, faut-il le rappeler !?), a ainsi expliqué ce lundi dans une formule digne des meilleurs ténors du barreau parisien que son client n'est "pas au point de ne pas se souvenir de ce qu'il n'a pas fait". En clair: Jacques Chirac ne sait plus ce qu'il a fait. Donc, on ne peut pas lui reprocher les emplois fictifs. En revanche, il se souvient parfaitement ne pas avoir reçu de valises remplies de billets en provenance de chefs d'Etat africain pour financer ses campagnes électorales.

Il est vrai que Jacques Chirac a passé sa vie à ne pas faire les choses qu'il avait promises: se baigner dans la Seine pour prouver que les eaux avaient été assainies alors qu'il était maire de Paris, juguler la fracture sociale alors qu'il était à l'Elysée... Il peut donc bien s'en souvenir.

"Si mon client a effectivement des difficultés de mémoire, M. Bourgi en a de plus grandes que lui, a rétorqué Me Kiejman. Mon client s'est indigné, comme vous le savez, et a décidé qu'il fallait porter plainte en diffamation contre (M. Bourgi). A ce moment-là, on verra s'il y a le moindre élément de preuve à l'appui de ses diffamations."

Sacré Chirac, va !

(Source : l'Humanité)