manifeste_sant_.gifC'est le titre d'un petit ouvrage ( Editions Odile Jacob, 12 euros), écrit par André Grimaldi, professeur de diabétologie Didier Tabuteau, responsable de la chaire santé à l’IEP Paris François Bourdillon, médecin de santé publique Frédéric Pierru, sociologue chercheur au CNRS Olivier Lyon-Caen, professeur de neurologie. Ils nous exposent une remarquable réflexion sur l'état actuel de la santé en France, en pointant les incongruités qui se sont empilées au fil des ans, souvent pour des raisons uniquement mercantiles, et proposent en les argumentant, des pistes et des solutions frappées au coin du bon sens, de la bonne gestion et de l'humanisme.

Car en effet, notre système de santé solidaire est à la croisée des chemins car il doit affronter plusieurs crises : économique, sanitaires, professionnelles... Les périls les plus lourds viennent des choix « libéraux » opérés depuis le début des années 2000. Le service public hospitalier est remis en cause. Le financement des soins courants connaît une privatisation rampante. En médecine de ville, la pratique des dépassements d’honoraires se banalise tandis que, sur le territoire, les déserts médicaux se multiplient.

Cette politique qui sape un peu plus chaque jour les principes fondateurs de la Sécurité sociale n’est pas une fatalité. Une autre politique est possible, pour conforter et développer les services publics de la santé. Six principes doivent la guider : la solidarité, l’égalité, la prévention, la qualité des soins, l’éthique médicale, la démocratie sanitaire.

Sur la base de ces principes, des propositions concrètes sont avancées dans ce manifeste. L’objectif est simple : faire de la santé un enjeu du débat public lors des prochaines échéances électorales. La solidarité est une politique d’avenir ; il n’y a pas d’avenir sans une politique de solidarité.

On y apprendra par exemple que le fameux "trou de la sécu" est notamment creusé lorsque les caisses de l'assurance maladie financent... la publicité de l'industrie pharmaceutique à hauteur de 3 milliards d'euros par an ! Ou encore que la T2A (tarification à l'acte), dont le seul objectif est la productivité, écarte non seulement certains soins dits non rentables et par la-même, écarte de nombreux patients. De plus, la T2A, dans son souci de rentabilité, sacrifie l'emploi en milieu hospitalier ( 9 800 postes supprimés en 2009, - 10 000 en 2010 et environ 15 000 en 2011).

Ce manifeste est à lire de toute urgence et à mettre en parallèle avec les programmes des prétendants à l'Elysée.