blog_10_nov_2010_djony_5.jpgC'est lors de la revue de presse de Bruno Duvic sur France Inter ce matin, que j'ai pris connaissance de la mort imminente des blogs politiques, annoncée par Rue 89. Ceci, parait-il, au profit des Facebook, Twitters et autres "Timelines" !

Toujours sur France Inter ce matin, Thomas Legrand parlait des twitts récents envoyés par Sarkozy, pointant l'aspect anecdotique des messages à faire passer en 140 signes, mais soulignant l'impact que pouvaient représenter la multitude et la répétition de messages courts ainsi distillés dans la nature... A n'en pas douter "« Les réseaux sociaux ne véhiculent pas nécessairement une information, mais permettent l'émergence d'un système d'attaque/défense. Cela crée de la mobilisation, et la mobilisation sur Internet, c'est essentiel. Mettre des messages gentils sur Twitter, ça ne sert à rien. » Bah moi, il m'arrive d'en mettre (des gentils !), et même de dire "merci" ! Serais-je anormal !?

Nicolas réagit vivement et intelligemment, replaçant les blogs politiques dans un historique qui les fait apparaître essentiellement après l'élection de 2007, ce qui plombe un peu l'analyse du "pure player" Rue 89.

Dans la chronique de Seb Musset dans le HuffPouf, on trouve des propos édifiants : "Avant 2007, difficile pour le spectateur lambda d’accéder directement aux blogs. Entre-temps, presque tous les blogs se sont vus proposer des contributions extérieures et non rémunérées, “même qu’on a lancé tranquille des sites dont le business model est entièrement basé là-dessus, hi hi“, rappelle Frédéric Taddéi.

“En 2007, internet on n’en avait rien à péter. Aujourd’hui c’est pareil, sauf qu’on a enfin compris comment en faire du blé.” Précise Anne Sinclair.

Pour Seb Musset, auteur des lignes suivantes, l’éditocrate, le buzz et la “libre antenne” ont cannibalisé les médias traditionnels et le travail de journaliste:

“En 2007, les journalistes avaient encore le monopole du journalisme sur l’information ; puis ils ont “tué” cet espace en acceptant d’héberger la parole du profane, de l’internaute, bref de l’inculte. Le journaliste expert a disparu, sa parole est assommée par l’éditocratie du haut, noyée par le bas sous les torrents d’expression du tiers-état ou pire encore, par le blogueur en servage qui se prend pour Sainte-Beuve dès qu’il voit son billet charcuté et republié.”

Les blogueurs énervent à tort !

Au fond, je crois que les blogueurs énervent autant les journalistes, chroniqueurs, éditoriaux que les politiques, de par leur liberté de penser, d'écrire et de publier. Les énervés ont tort pour plusieurs raisons. Tout d'abord, comme le souligne souvent Nicolas, "Le blog est un espace personnel, un espace de loisir, où le blogueur diffuse ce qu’il a envie, selon ses humeurs. Il discute avec ses potes et découvre leurs textes, toujours avec la même passion, regrettant de n’avoir pas assez de temps pour commenter partout, pour saluer tous les copains...", ensuite, ceux qui s'énervent font de plus en plus appel auxdits blogueurs pour remplir leurs colonnes et capter un lectorat qui leur échappe.

Les blogs promeuvent la presse.

Les blogueurs ne se prennent pas des journalistes, loin s'en faut ! En revanche, ce n'est pas par hasard si sur mon blog, la colonne de droite, réservée aux liens, commence par une rubrique intitulée "Mon kiosque". Il s'agit délibérément d'inciter mes visiteurs à lire la presse en ligne, ce qui peut les amener à s'abonner aux médias payant, ou, à acheter la presse papier. J'ai conscience en cela, de promouvoir la presse, qui, soit dit en passant, n'est au mieux de sa forme ! Je ne suis pas certain que les supports twitter et autres timelines (que j'utilise également), rendent ce service. Ce sont pour moi des formes d'expression différentes : par exemple, j'utilise surtout Twitter pour booster la lecture de mon blog !

Ainsi, penser que les blogs politiques seraient "hasbeen" et remplacés par des "shorts médias" est pour moi une absurdité.

Je ne crois pas un seul instant à la disparition de la blogosphère politique...